Juin 2026
LA FOUDRE AU CRIBLE DES
CHERCHEURS
Catherine PACARY
(Le Monde - Vendredi 26 avril 2026)
Sur France 5, le magazine hebdomadaire « Science
grand format », présenté par Mathieu Vidard, traite du sujet de façon
spectaculaire
DOCUMENTAIRE
Impressionnants, voire terrifiants, les éclairs, de la
foudre qui les accompagne, ont longtemps été considérés comme une manifestation
divine. Jusqu’à ce que la science prenne le relais. Depuis, les études ne
cessent de progresser sur ce phénomène « de moins d’une
seconde », précise Timothy Lang, physicien. Au point de remettre en
question certains acquis, par exemple, sur l’origine de l’apparition de la vie
sur Terre, ou de découvrir ses capacités insoupçonnées, comme celle de purifier
l’atmosphère.
« Science
grand format », le magazine hebdomadaire présente par Mathieu Vidard sur
France 5, s’empare du sujet dans un épisode par nature spectaculaire. Avec une
énergie et une efficacité telles que l’on comprend son succès depuis
2017 : 750000 téléspectateurs en moyenne, et des pics à plus de 1 million.
Ce qui constitue une excellente nouvelle à une époque où le manque de culture
scientifique favorise le développement des fake news et des complotismes.
L’enthousiasme
des chercheurs est communicatif. Près de Tampa, en Floride, la ville « la
plus foudroyée des États-Unis », Matthew Pasek, un géologue aux
allures d’Indiana Jones, part ainsi à l’assaut des dunes comme un gamin, avant
de se laisser tomber sur les genoux à la vue de fulgurites, des tubes de verre
creux recouverts de grains agglomérés, créés par l’impact de la foudre sur le
sol.
Formation des éclairs
« C’est beau, ça pète : on est des faiseurs
d’orage, c’est génial ! » Au centre de la direction
générale de l’armement de Toulouse, Julie, responsable d’essais foudre, crée
des éclairs artificiellement pour tester les avions, foudroyés en moyenne deux
fois par an, grâce au plus grand générateur d’Europe, installé sous un vaste
hangar. Au détour d’un essai, elle nous rappelle que la matière n’a pas trois
états (liquide, solide, gazeux) mais quatre, avec l’état plasma – celui des
étoiles.
Pour
l’atteindre, « Il faut dépasser le champ de claquage qui est de 1
million de volts par mètre », précise Eric
Defer, physicien au CNRS. « La foudre est un plasma », dit en
souriant Julie, CQFD. Dans le centre de la France, Pierre Coutris, microphysicien, « s’éclate », lui, à
étudier les immenses générateurs naturels de foudre que sont les cumulonimbus.
Formation
des éclairs, en laboratoire et dans la nature, étude de leurs différentes
représentations, dont le sprite, l’éclair le
plus rare au monde, mise en valeur du rôle qu’ils jouent sur le vivant et
l’environnement : selon une logique toute scientifique, le documentaire
déroule les reportages, de la Pennsylvanie à Eindhoven (Pays-Bas) de Sao Paulo
(Brésil) à l’Australie, jusque dans le désert de Néguev, en Israël, où il ne
pleut pourtant que trois jours par an
.
Le
physicien Colin Price est à l’origine d’« une
découverte tout simplement vertigineuse ». En captant l’onde
électromagnétique des éclairs, il entend démontrer que le cerveau humain
fonctionne à la même fréquence que les vibrations créées par la foudre. Le
narrateur nous avertit : tout ne sera pas résolu ce soir…
La foudre,
à l’origine de la vie ? Elle peut aussi l’ôter. À l’extrême nord du
Québec, la foudre n’existait pas jusqu’à ce que le réchauffement climatique en
décide autrement. À l’été 2023, elle a déclenché 182 départs de feu en un jour,
et les incendies nourris par la tourbe ont ravagé la région durant quatre mois.
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CATHERINE
PACARY
La
Foudre, un éclair de génie.
de
François Tribolet
(Fr., 2026, 90
mn).