Avril 2026

COMBIEN PEUT-ON DONNER A SES ENFANTS OU PETITS-ENFANTS SANS PAYER D’IMPOTS ?

Yann FORAY

 

LE PROGRES Jeudi 19 mars 2026

 

Donner de son vivant permet d’anticiper sa succession tout en aidant ses proches. La loi encadre toutefois ces transmissions par des plafonds précis au-delà desquels des droits de donations sont dus.

 

 

 

 

 

 

 

Contrairement à une idée reçue, il est possible de transmettre une grande partie de son patrimoine sans payer d’impôts. Mais, pour cela, il faut faire les bons calculs. Car plusieurs abattements existent, cohabitent et peuvent se cumuler.

       Il existe en effet des abattements légaux, des abattements supplémentaires et d’autres temporaires. Voici ce qu’il faut savoir.

 

Combien peut donner un parent à son enfant ?

       La règle de base repose sur deux mécanismes distincts. D’abord, l’abattement général en ligne direct de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les quinze ans. Il s’applique à l’ensemble des biens transmis, qu’il s’agit d’argent, de titres ou un bien immobilier.

       À ce dispositif légal, le don familial de sommes d’argent permet à chaque parent de transmettre 31 865 € sans droits, à condition d’avoir moins de 80 ans au jour du don et que l’enfant bénéficiaire soit majeur. Ce plafond est renouvelable tous les quinze ans également.

       En combinant déjà ces deux régimes, chaque parent peut donc transmettre 131 865 € à son enfant, sans fiscalité. Pour un couple, le total atteint 263 730 € par enfant.

       Mais il est possible d’aller encore plus loin en utilisant l’exonération temporaire pour les dons de sommes d’argent afin de financer l’acquisition de la résidence principale d’un enfant.

       Chaque parent peut alors donner 100 000 € supplémentaires, à condition que les sommes servent à l’acquisition d’un logement neuf ou à la rénovation énergétique de la résidence principale.

       Et ces 100 000 € peuvent se cumuler avec les abattements cités plus haut de 31 865 € et de 100 000 €. Ainsi donc, un parent peut théoriquement donner à son enfant 231 865 € sans avoir de droits de donation à payer. Un couple peut donc donner jusqu’à 463 730 € en franchise d’impôt, à chacun de ses enfants.

 

Combien peut donner un grand-parent à son petit-enfant ?

       Là encore, la règle repose sur deux mécanismes : l’abattement légal et l’abattement pour les sommes d’argent. Les grands-parents peuvent en effet donner à chacun de leurs petits-enfants jusqu’à 31 865 € tous les quinze ans sans droits à payer.

       Ils peuvent également transmettre 31 865 € supplémentaires au titre de don familial de sommes d’argent.

       En cumulant ces deux dispositifs, un grand-parent peut donc donner jusqu’à 63 730 à un petit-enfant, sans payer d’impôt.

       À noter qu’il est également possible de bénéficier de l’abattement temporaire de 100 000 € pour les dons permettant l’acquisition de la résidence principale.

       Par conséquent, un grand-parent peut donc donner au maximum 163 730 € à un petit-enfant.

 

       Quel montant maximum peut-on recevoir sans payer d’impôt ?

       Vous l’aurez compris : en jouant avec les différents abattements, il est possible de transmettre son patrimoine de manière optimisée. Il est donc intéressant de se placer du côté des bénéficiaires pour mesurer la force des abattements, en particulier parce qu’un enfant est aussi un petit-enfant.

       Il est donc possible de cumuler les abattements venant des parents… et des grands-parents !

       Avec les abattements légaux, un individu peut donc percevoir 100 000 € de son père, 100 000 € de sa mère, ainsi que 31 865 € de chacun des 4 grands-parents… A cela peuvent se cumuler les abattements pour les dons de sommes d’argent : 31 865 € du père, 31 865 € de la mère et 31 865 €pour chacun des 4 grands-parents. Rien qu’à ce niveau, un individu peut donc percevoir au total 518 650 € sans avoir de droits de donation à payer.

       Une somme à laquelle on peut ajouter l’abattement temporaire pour l’achat d’une résidence principale, dont le plafond est fixé à 300 000 €. Imaginons que notre individu perçoive 100 000 € supplémentaires de son père, idem de la part de sa mère ainsi que de la part d’un grand-parent, il aura donc perçu au total 818 650 €. Le tout, sans payer d’impôt ! encore faut-il être né dans une famille disposant de suffisamment de ressources pour transmettre autant.

Yann Foray